Je prends le couteau, je coupe un morceau de pizza... et si je prenais le temps de couper proprement, de sentir les différentes textures, densités, afin de poser le couteau, et sans avoir déplacé ma concentration mettre le morceau à la bouche ?
Je me prépare mon repas... et si je rangeais chaque chose après l'avoir utilisé, histoire de remettre à sa place les éléments comme ils étaient... au lieu de le faire plus tard en 4ème vitesse alors que la nourriture est déjà abîmée, que les ustensiles sont restés sales et que les miettes restent sur la table ?
Je comprends l'importance des mots, de chaque mot.
Les objets. Il y en a partout. Ils me sont de plus en plus inutiles.
Mes projets. Tant que mon présent n'est pas vraiment le présent, les projets n'en sont pas non plus. Ils sont alors juste une fuite supplémentaire.
Les produits ménagers. Les vêtements.
Les livres. Les cours. Pourquoi est-ce si important pour moi de les conserver ?
Pour être sûre de pouvoir répondre à certaines questions, auxquelles je pouvais avant mais que je ne peux plus maintenant ?
Pour pouvoir me rappeler faussement qui j'ai été, ce que j'ai pensé ?
Certes. Si j'ai un jour une conférence à donner en anthropologie j'aurai besoin de données. Mais n'aurais-je pas d'autres outils pour les trouver ? Dois-je absolument tout chercher à conserver ?
Au fond c'est comme mes disques durs. J'ai peur de perdre mes données. Je veux tout conserver, tout le temps. Des photos que je n'utiliserais jamais, des vêtements que jamais je ne mettrai, des livres que je ne lirais plus.
Pourquoi est-ce que je conserve ?
AU CAS OU. Au cas-où j'aurais envie de parler d'un livre à quelqu'un, alors je le ressortirai de la bibiothèque. Au cas-où j'aurai un évènement spécial, j'aurai besoin de ce vêtement. SI JAMAIS j'ai des invités, alors j'aurai besoin de sortir telle ou telle nappe.
Mais ce n'est pas le cas.
Et toutes ces choses je ne m'en sers plus.
Alors...
Je comprends les 10% déchets : ces gens-là font attention à chaque chose.
Peut-on avancer franchement quand on accumule tant de traces du passé ?
Ne sont-elles pas en nous, d'une manière ou d'une autre ?
Nos enfants n'ont que 3 ans. Ils ont déjà 3 ans.
Jamais nous n'aurons l'occasion de les refaire grandir.
Toutes nos paroles et nos actions sont importantes.
Est-ce vous, chers petits, qui me faites prendre conscience à ce point de l'importance de chaque chose ?
Est-ce toi, cher conjoint, par nos visions souvent opposées qui me pousse malgré moi vers moi-même ?
...
vendredi 12 mai 2017
lundi 20 février 2017
Les critères pour devenir mère.
Etre patient.
Etre bienveillant.
Etre aimant.
Etre ouvert et curieux.
Aimer les enfants.
Et peut-être surtout, le prévoir, le projeter, le construire à deux.
Zut.
Etre bienveillant.
Etre aimant.
Etre ouvert et curieux.
Aimer les enfants.
Et peut-être surtout, le prévoir, le projeter, le construire à deux.
Zut.
jeudi 9 février 2017
En octobre.
En octobre tu m'as envoyé un message sur le chat de gmail.
C'était écrit "je t'aime".
Bien évidemment je n'ai pas pu répondre.
Sauf qu'il reste affiché dans une fenêtre, à gauche de mon écran.
Et qu'à chaque fois que je le vois j'ai envie de répondre : "pas moi".
C'était écrit "je t'aime".
Bien évidemment je n'ai pas pu répondre.
Sauf qu'il reste affiché dans une fenêtre, à gauche de mon écran.
Et qu'à chaque fois que je le vois j'ai envie de répondre : "pas moi".
Face à face.
Cette terrible colère n'était pas contre ma fille.
C'était la mienne, mais contre un tas d'autres choses.
Je ne le comprends que le lendemain, après cette terrible après-midi.
Et je repense à cette trame un jour, qui m'était proposée à laquelle j'avais répondu : "Non. Je sais dans quel état je vais me trouver, je ne suis pas prête à m'affronter".
J'ai pensé ça, ce matin, en voulant éviter de rester trop longtemps en contact avec les enfants (et donc en demandant à J de les emmener) : "je ne voulais pas me retrouver face à face avec une certaine partie de moi. Alors la distance était la meilleure des solutions."
Et c'est pour ça que j'ai besoin de temps.
Pour me retrouver et écrire.
Pour repenser à ces choses dites ou faites, sans les noyer dans un magma de tout et rien comme des miettes sur une table qu'on nettoie.
On ne peut pas passer son temps à passer l'éponge.
Car elle devient de plus en plus sale et elle ne nettoie plus rien.
C'était la mienne, mais contre un tas d'autres choses.
Je ne le comprends que le lendemain, après cette terrible après-midi.
Et je repense à cette trame un jour, qui m'était proposée à laquelle j'avais répondu : "Non. Je sais dans quel état je vais me trouver, je ne suis pas prête à m'affronter".
J'ai pensé ça, ce matin, en voulant éviter de rester trop longtemps en contact avec les enfants (et donc en demandant à J de les emmener) : "je ne voulais pas me retrouver face à face avec une certaine partie de moi. Alors la distance était la meilleure des solutions."
Et c'est pour ça que j'ai besoin de temps.
Pour me retrouver et écrire.
Pour repenser à ces choses dites ou faites, sans les noyer dans un magma de tout et rien comme des miettes sur une table qu'on nettoie.
On ne peut pas passer son temps à passer l'éponge.
Car elle devient de plus en plus sale et elle ne nettoie plus rien.
mercredi 8 février 2017
De la gestion de crise.
La gestion de crise nous révèle ?
Si c'est le cas, je suis quelqu'un de profondément froid et méchant.
Mais je le savais déjà.
Si c'est le cas, je suis quelqu'un de profondément froid et méchant.
Mais je le savais déjà.
Grande pauvreté.
Moi qui ai le rejet comme point de compulsion, je viens de pousser et repousser (au sens physique et psychique) mes enfants.
Moi qui ai horreur des cris je viens d'hurler sur mes enfants.
Le mot n'est pas faible.
Moi qui ai horreur de la violence je viens de vivre un horrible combat.
Et c'était long. Très long. Trop long.
Je devrais avoir gagné.
Etant donné que le calme est revenu.
Sauf que j'ai l'impression de tout avoir perdu.
Et je me sens misérable.
Et triste.
Et en colère contre moi-même.
Et dépitée.
Et rancunière.
Et dans l'erreur.
Pitoyable, je me sens.
Comment un enfant peut-il faire une bonne sieste dans ces conditions ?
Ha.
J'entends à nouveau des pleurs.
...
Rejet ? Colère ? Cris ? ... ou Amour ?
Moi qui ai horreur des cris je viens d'hurler sur mes enfants.
Le mot n'est pas faible.
Moi qui ai horreur de la violence je viens de vivre un horrible combat.
Et c'était long. Très long. Trop long.
Je devrais avoir gagné.
Etant donné que le calme est revenu.
Sauf que j'ai l'impression de tout avoir perdu.
Et je me sens misérable.
Et triste.
Et en colère contre moi-même.
Et dépitée.
Et rancunière.
Et dans l'erreur.
Pitoyable, je me sens.
Comment un enfant peut-il faire une bonne sieste dans ces conditions ?
Ha.
J'entends à nouveau des pleurs.
...
Rejet ? Colère ? Cris ? ... ou Amour ?
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