dimanche 30 novembre 2014

Plus comme avant.

Certes.

Physiquement, d'abord.
Et dans la relation aux autres.

Soupir.

Et relâchement.
Inspiration... expiration.
Comme si j'étais restée en apnée toute la journée.
Même si bien sûr, c'est impossible.
Disons que je ne m'entendais plus respirer.
Et là, si.
J'inspire, j'expire.
Mais de quoi ?
De la tension de la journée ?
De l'intensité de chaque instant ?
Ou de l'assemblage de toute les situations ?

Les enfants sont couchés.
J'ai droit à une pause.
Même si, tout peut arriver d'un instant à l'autre.
Même si, la journée de demain se passera bien mieux si j'anticipe certains besoins à venir.
Même si, je me dis parfois qu'il vaut mieux que je dorme pour prendre des forces plutôt que de trainer, par exemple...

Ces projections.

C'est fou, ce que je peux projeter de moi sur mes enfants.
Il y a ce qu'ils me donnent à comprendre, comme leur fatigue, leur rire, leur besoin de se nourrir, d'être changé... et ce que je pense qu'ils ont besoin.

En ai-je déjà parlé ?

Ce soir, j'avais besoin de calme.
Des paroles, beaucoup, toujours quelqu'un qui parle.
Et j'ai besoin de calme.
Souvent.

Ce soir, j'avais besoin de calme.
Alors j'imaginais que les enfants aussi...

Mais peut-être sont-ce des enfants qui s'endorment plus heureux sortant d'une pièce pleine de bruits ?
Ce qui m'affecte ne doit pas les affecter de la même manière.
Et pourtant, certaines fois, j'ai envie qu'on les laisse tranquille.
Certaines fois, ai-je envie qu'on me laisse tranquille ?

Sûrement.

EB* : répartition des tâches.

* : Elisabeth Badinter (cf ouvrage cité)

"Le concubinage, largement répandu, n'a pas mis fin à l'inégalité domestique même si les enquêtes montrent qu'il est plus favorable aux femmes que le mariage. Du moins au début de la vie de couple, car l'arrivée de l'enfant alourdit notablement les heures domestiques de la femme (...)" (p.29)

Disons que pour SOI, certaines tâches peuvent ne pas être effectuées, mais pour l'enfant... difficile en effet de ne pas, même si rarement, passer l'aspirateur dans la chambre ou laver la salle de bain.
En tout cas il est impossible de ne pas laver les affaires des enfants.

Si vraiment on anticipait la réorganisation familiale que cela suppose, ferait-on, en effet, des enfants ?

Elisabeth Badinter.

"Mettre un enfant au monde est un engagement à long terme qui implique de donner la priorité à celui-ci. C'est la décision la plus bouleversante qu'un être humain est amené à prendre dans sa vie."
p.20, in Le conflit, la femme et la mère, 2010.

Je repense à A, quelques jours après son accouchement : "je ne pourrai plus jamais être comme avant. Je ne pourrai plus jamais faire ce que je faisais avant."

Oui, c'est sûr. Tu seras plus. Nous sommes plus. Une casquette de plus.
Rien ne nous interdit de ne plus être comme avant.
Rien ne nous empêche de faire ce que nous faisions avant.
Sauf que oui, certaines choses ne sont pas tellement compatibles.
Je conçois.


C'est tout.
Parce qu'il y a des gens autour, des choses à faire.
Et que mes idées se déconstruisent. (cf capacité d'abstraction)

Connaître.

Plus on regarde, plus on connaît.
Plus on connaît, plus on aime.
Quelle mère n'a pas aimé ses enfants ? Celle qui ne les as pas regardé...


Répétition des "er".

Lever, coucher, faire à manger, laver, jouer, donner à manger, parler, ranger, déranger....


Capacité d'abstraction.

Il y en a qui peuvent travailler intellectuellement (lire, écrire, créer, imaginer...) pendant qu'un bébé pleure à côté d'eux.
Il y en a qui peuvent s'endormir pendant qu'un bébé pleure à côté d'eux.
Il y en a qui peuvent faire abstraction des pleurs, ou même geignements d'un bébé.

Moi pas.

Temps pour soi.

Quelques réveils dans la nuit.
Un seul nécessite que je me lève.
Je le change, le prends dans mon lit, m'allonge à ses côtés puis pars le recoucher.
Deuxième réveil, simple gazouilli. Même fort, je peux laisser couler.
Troisième réveil, je regarde l'heure, il est 8h. Même si je n'entends ni pleurs forts, ni colère, je me lève. Pour les deux. C'est bien 8h pour un petit dej' !
Puis dodo.
Puis mon petit dej.
Puis douche (moi).
Puis réveil (l'un).
Puis réveil (l'autre).
Puis préparation de purée (pour eux).
Puis préparation de compote (pour eux).
Puis jeux. Entre nous.
Puis repas (pour eux).
Puis dodo (eux).
Puis "à taaaaaable !" (moi)
Puis réveil (de l'un)
Puis réveil (de l'autre)
Puis dodo (de l'un)
Puis pleurs (de l'autre, qui n'arrive pas à se remettre sur le dos)
Puis... silence, je trouve 2 minutes pour écrire.
Mais les pleurs reviennent, un peu.
Alors je reprendrai plus tard.

Mémoires d'instants présents.

"Tu te rappelles des débuts dans l'allaitement ? Les durées, les difficultés, ce que tu ressentais, quand ton bébé pleurait et que tu pensais qu'il n'avait pas assez mangé alors que tu pensais ne plus avoir de lait ? Comment tu faisais avec le tire-lait ? Comment tu savais qu'il prenait bien le sein... ?
-... Je ne me rappelle même plus des débuts. Je savais que J prenait bien, tétait comme il fallait. Je voyais bien que L non. Quand il pleurait et qu'il n'y avait plus rien ? Je pense qu'il m'arrivait de le remettre au sein, juste pour le calmer. Même si tout le monde me disait de ne pas le faire "pas de tétée de réconfort." Ben si. Moi si. Solution de facilité, certes, mais solution. Mais sinon, c'était il n'y a que 6 mois, et déjà je ne me rappelle plus de grand chose..."

Etait-je tellement dans l'instant présent ?
Est-ce pour cela que certaines choses restent ou pas en mémoire ?
Certains disent que ce qui reste en MLT (mémoire à long terme) ce sont les évènements teintés d'une forte émotion... Ne me dites pas que l'émotion n'était pas au rendez-vous pendant cette première semaine de vie à la maternité !

Et pourtant. De ces détails, déjà, je ne m'en rappelle plus.
Je me souviens que c'était une semaine très dense, avec des très très hauts et des très très bas, des pleurs et des sourires larges, une grosse grosse fatigue, mais certaines questions techniques, j'avoue, je ne peux donner que des pistes de réponses...

Désolée, A, toi qui vient de donner vie il y a une semaine...
Je me rends compte encore que les ailes de l'expérience ne peuvent servir qu'à soi-même...

dimanche 23 novembre 2014

TV, musique.

Savoir que mettre un enfant devant la TV n'est pas bonne pour le cerveau.
Savoir que placé devant un écran, l'enfant perd de sa capacité d'apprentissage, qu'il perd en motivation, qu'il est possible qu'il s'ennuie à l'école plus tard, qu'il n'arrivera pas à rester concentré pour toute tâche,

Savoir tout ça, et malgré tout vivre avec quelqu'un qui vous dira qu'au contraire, la TV instruit.

Savoir que la musique favorise le développement des circuits neuronaux, qu'elle favorise ainsi la mémoire, voire celui du langage... et vivre avec quelqu'un qui vous dit que la musique c'est comme la télévision.

Je veux bien jouer sur les mots et dire "savoir" c'est "voir ça" et rien d'autre.
Sauf qu'en matière d'éducation, ça ne marche pas.
Je ne VEUX PAS  faire abstraction de ce "savoir".

Se mettre en colère chaque jour ? Ou lâcher du lest tout en sachant que ce n'est pas bon pour l'enfant et que ce n'est pas ce que nous voulons pour lui ? Simplement pour préserver le couple, le noyau... ?

Comment négocier lorsque les idées sont à ce point antinomiques ?

OUI, on peut voir les choses au fur et à mesure, parce qu'il ne sert à rien d'établir des plans sur la comète et surtout d'envisager des problèmes avant qu'ils existent.
Mais on peut aussi faire un projet de vie, un projet éducationnel.
Pour éviter de se retrouver dans un cas de figure ambigu.
Mais alors, il ne peut y avoir de naissances qu'entre des individus vivant déjà dans le même cadre de valeurs ?

Ce qui me console, c'est que les enfants verront ces deux manières différentes de penser : la sienne, et la mienne.
Ce qui m'effraie ponctuellement, c'est que ça ne peut marcher que si nous discutons de cela. Que s'il y a conflit socio-cognitif. Hors la colère monte parfois vite. Trop vite.


Eric Baret. Leçons.

Commencer par le 10.


Répartition des tâches.

-Lessive : sortir, sélectionner, machine à laver, sortir, sèche-linge, sortir, plier, ranger.
-Poussière : balais, aspirateur...
-Nettoyage : éponge, serpillère, chiffon...
-Préparation des repas : lister, courser, éplucher, mixer, ranger, nettoyer...
-Vêtements : sélectionner, sortir.
-Jouets : alimenter, aller chercher.
-Langes : lister, courser, anticiper.
-Bain : déplacer, sortir, préparer, oeuvrer, ranger, vider.

ça, c'est maman.

Papa, c'est : donner à manger quand il est là, changer, habiller.
Et puis si maman demande, c'est un peu de préparation de repas, un peu de nettoyage, c'est un peu de lessive. 

SI maman demande.

Incroyable mais logique.

Le sentiment d'exclusion, de rejet, alerte la même zone du cerveau que la douleur physique.

Vous en doutiez ?

Paradoxe.

Etre fatigué de tout faire, chaque tâche, routinière, répétitive.
Mais ne pas vouloir le déléguer aux autres, parce que non fait comme on aimerait.

Option 1 : déléguer dès que c'est possible
Option 2 : continuer de tout faire et assumer.

Arrêtons de se plaindre.


Promesses.

"Après mon opération, j'arrêterai de fumer."

Et c'est reparti.
Des toux et des toux.
Comme si le coeur déjà n'était pas assez malade.

Et c'est reparti.
Des trous et des trous.
Comme si on avait un porte-monnaie extensible.

Et c'est parti.
Les trop fréquents : "lave-toi les mains, lave-toi la bouche."
Comme si les sources de reproches n'étaient pas assez nombreuses.

Fumer, ce n'est pas que fumer, seul avec ses clopes.
C'est penser aux autres.

samedi 22 novembre 2014

Fluidité.

Une journée fluide.
Communication, pas d'émotions fortes dans un sens ou dans un autre.
Quiétude du milieu.

C'est agréable.

vendredi 21 novembre 2014

Routine.

Te voilà, matin.
Comme si de rien était.

Te voilà, matin,
Avec tes pics habituels.

Te voilà, matin,
Avec ton refrain quotidien.

Te voilà, matin,
Comme si tout était parfait.

Te voilà, matin,
Comme une journée ordinaire.

Te voilà, matin,
Avec tes occupations journalières.

Te voilà, matin.
Faisons comme si de rien,
Et poursuivons notre chemin.

Seule.

4h du matin.
Je me réveille, seule.
La nuit ne suffit plus à effacer les problèmes.
Elle les ancre, au contraire.

Sourires, vous me manquez.
Indifférence, va-t-en.

jeudi 20 novembre 2014

Faiblesse.

Tu es là de nouveau, Faiblesse.
Après avoir été absente toute la journée,
Après avoir gardé la tête haute, silencieuse et positive,
Tu es de retour, Faiblesse.

Tu as voulu un câlin,
Tu as voulu partager,
Tu as voulu un sourire,
Tu as voulu de la tendresse.

Mais c'est fini, tout cela, Faiblesse.
Parce qu'il est rancunier, beaucoup plus que toi.
Parce qu'il va agir autrement, et tous les jours de ta vie.
Parce que vous allez chaque jour faire comme si tout était ok devant les autres,
Mais entre vous, plus rien.

Ce que tu aimais chez lui était plus le fait qu'il t'aime qu'autre chose.
Repense à toute votre histoire.
Elle est faite d'amour physique.
Et sans contact, elle n'existe plus.

Vous ne restez ensemble que pour vos enfants,
Mais vos baisers ne sont plus fiévreux,
Même s'ils existent encore,
Ils ne sont plus les mêmes.

Lorsque vous vous absentez, parfois,
Vos échanges à distance se font doux et aimants.
Puis vous êtes de nouveau ensemble,
Et... rien.

Déjà, tu rêves du passé.
Déjà, tu n'arrives plus à garder chaque soir la tête haute.
Déjà, tu pleures des larmes parce que tu ne comprends pas comment tout cela a pu se passer,
Alors que vous avez les plus gentils et beaux enfants du monde.

Vous avez tout.
Qu'est-ce qui a tout détruit ?
Vos enfants n'ont que 6 mois.
Vous les aimez tellement l'un et l'autre !

Et ce que tu rêvais de donner à des enfants,
L'amour d'un père et d'une mère qui s'aiment,
Vas-tu pouvoir encore le donner ?
Peut-on aimer quelqu'un qui ne vous aime plus ?

Certains diraient oui.
Moi, je ne sais pas.
Mais je suis triste, ce soir.
Et faible, surtout.

Contrôle.

Cela fait 2 jours que je me sens bien.
Je modère mes propos, je ne prends pas la mouche, je ne réponds pas aux soufflements, reproches (humoristiques ou non), à la petite provocation qui donne du piment mais peut mal finir...
Et je me sens bien.
L'autre n'est plus le trampoline de mes idées, mais l'autre est quelqu'un qui m'aide à grandir.

Je respire. Et suis fière.

Sandwich.

Je déballe mon sandwich, sur le quai de la gare.
J'ai l'impression de m'atteler à un phallus géant.
Pourquoi le pain a-t-il cette forme ? Pourquoi le sandwich a-t-il cette forme ?
Pratique à manger ?

L'homosandwichus.

(oui, n'importe quoi)

Sois femme (3).

Etre femme (dans le sens être adulte, du coup), ça doit aussi passer par une forme d'état de conscience.
Et se contrôler, c'est penser à ses agissements, à sa parole, bref tout ce qui peut aller très vite, et agir sans la base du contrôle moteur réfléchi.

J'ai cette image de la conduite sur la neige, dans le brouillard, avec pourquoi pas des plaques givrées éparses. Vigilance de l'extrême, concentration ultime sur l'objet.

Hier à l'exposition sur le cerveau à la Cité des Sciences, j'ai bien vu que l'attention est coûteuse.
Concentrée pour résoudre des problèmes de tâches simples, je regardais en espérant que l'exercice soit bientôt fini... Je ne déplaçais que 2 doigts, mais je devais faire fi de tout le reste.

La concentration. Avec centration. En se centrant.Au centre, donc.

Facile d'accès, le centre.
Très difficile pour y rester.

Auto-précepte.

Parle à ton mari et à ta famille comme tu parles à des inconnus.
Avec tout le respect, l'amabilité, l'emphase et ton entrain habituel.
Montre le meilleur de toi-même aussi bien chez toi qu'à l'extérieur.

Ta vitrine deviendra un réel trésor.

Les enfants (2).

Ils m'aident.
Parce qu'ils ont leur personnalité, leur individualité, parce qu'ils "sont" tout simplement, répondant à leurs besoins primaires sans se soucier des autres. Ce qui ne veut pas dire qu'ils ne s'y intéressent pas. Mais qu'importe : s'ils ont faim, ils le disent.
Je ne peux pas avec eux changer mon attitude, me fondre au contexte comme je le ferai seule.
Nous formons une nouvelle entité qui se déplace.
J'agis et réagis par rapport à eux.
J'agis et réagis pour ce que je pense être bien pour eux.
Enfin, si j'y arrive, je me garde le reste pour être moi. Pour être.

Les enfants.

Ce sont les nôtres, et ce ne sont pas les miens.
Je suis simplement en charge de leur offrir le meilleur. Ce que je pense être le meilleur.
C'est mon travail.
Et mon autre travail me permet de faire vivre celui-là.
Il existe certainement des endroits où la valeur "travail" n'existe pas.
Je suis curieuse de savoir comment ils pensent, comment ils vivent.

Mais attention. Pour moi le travail, c'est quelque chose de positif.

Contrat de travail.

Dans notre relation, je ne te licencierai qu'en cas de faute grave.
Et sache-le, je vais tout faire pour que ça fonctionne.
Reste à établir la liste. Mais je ne la ferai pas pour me concentrer sur le "bien".

mercredi 19 novembre 2014

Sois femme (suite).

Ce matin je comprends autre chose dans le "sois femme".
Il ne faut pas l'interpréter comme "réponds aux critères de beauté des médias".
Mais sois "adulte".
Et là ça renvoie quelque chose en moi.
Car il est temps de me débarrasser de ma peau de petite fille.
De mes attitudes spontanées.
Des faciès qui s'ajoutent à mes propos.
Des attentes et demandes trop nombreuses.
De ces plaintes, requêtes, et geignements.
Oui.
Là je peux faire quelque chose pour devenir plus "femme".

C'est parti pour grandir.

Vulnérabilité du soir...

... contre toute puissance du matin.
Lorsque la nuit tombe, que le soir arrive, que le lit approche, d'avoir envie de douceur, d'étreintes aimantes et de doux sourires... lorsque le coeur se ramollit, décompressant de la dynamique du quotidien.
Et lorsque le matin arrive, la pêche est là, la dureté aussi, la cinglante de quelques propos, l'humour mal réveillé, ou bien des sourires amoureux, une tendresse câlineuse...

Qu'est-ce que la nuit fait oublier ?

Une journée de 24h serait-elle la métaphore de la vie ?
Si c'est cela, je comprends que proche de la fin, on pardonne tout. Et que la rancune n'a plus de valeur.

Flippe de confiance.

On s'est engueulés. Encore.
ça fait pas mal de soirs de plus.
Et pour la première fois de notre union, j'ai décidé d'aller dormir dans le canapé. En bas.
Je pense que l’engueulade vient plus de moi que de lui.
Je peux être hyper chiante parfois.
J'aurai mieux fait de me mettre dans une autre pièce ? Peut-être.
Sauf que.
Je me suis réveillée, à 1h30 du matin, frappée par la lumière.
Pas de ces lumières qui font mal aux yeux. Non.
De ces lumières qui nous les ouvre bien grands, de l'intérieur.
J'ai vu.
J'ai pensé.
Et s'il me trompait ?
Et si les petites gênes récentes de mon corps provenait d'une tromperie entre lui et X ?
...
Et j'ai flippé.
Mon coeur s'est mis à battre très très fort.
Il bat encore, d'ailleurs.
Et j'ai envisagé plein de scénarios (ou ii).
...
Comment faire en sorte de s'en assurer ?
J'envisage des stratégies de discussion.
...
Je fais redéfiler les moments, les temps passés ensemble.
Avec ce filtre de la tromperie.
Et je comprends. Et ça me confirme la chose.
Et puis j'en revoie d'autres. Alors je me dis que je me fais des films.
...
Dans les deux cas ça me fait avancer.
S'il s'avère que c'est vrai, je le sais déjà. Je peux commencer à anticiper le changement.
Même si ça me fait Terriblement ch**** (oui, ce post est rempli de vulgarité),
que j'ai une boule au ventre rien que de penser aux enfants qui ont besoin de leur papa,
rien que de penser à moi, à nous, à tout un empire qui s'effondre.
S'il s'avère que ce n'est pas vrai, je veux faire en sorte que ça reste ainsi.
Donc revoir la donne. Modifier mon attitude, mon comportement.
Etre plus sympa. Plus cool dans le sens de la bienveillance. Pas celui de la naïveté bien sûr.
...
Punaise, ça me taraude quand même.
Heureusement que j'ai de la vaisselle à faire, parce qu'à 2h du matin...
Je vais aller fumer une clope.
Dans le froid.
ça va me calmer, un temps.

Et bien faire les choses,
Et faire attention à ce que je fais, à ce que je dis.
A prendre de la distance, à être attentive.
A prendre du recul, et voir les choses du bon côté.
Tant que c'est possible.

Punaise. ça remue un coup de flippe. Mais ça fait avancer.

mardi 18 novembre 2014

Seule, et avec les autres.

Seule, je sais très bien ce qu'il faut faire. Je fais, c'est tout.
Mais avec les autres ? En présence d'autrui ?
C'est très différent.

Je ne suis plus certaine de devoir coucher mes enfants, je doute. Et si... ?
C'est comme si je devais me justifier, mais non ! Je n'ai pas à le faire !
Et pourtant tout le problème est là.
Il rejailli maintenant que les enfants sont là, mais il a toujours été là.

Mon ex (ok, l'un de mes ex)disait toujours : l'observateur modifie l'expérience.
Et bien oui.
Jamais ô grand jamais je n'agis de la même manière en présence d'autrui.
Pourquoi ? Comment ? Pff la réponse pourrait être longue.
Certains pourraient dire (et mon conjoint me l'a déjà dit) : "pense par toi-même".
Et ça me parle.
Mais je crois que c'est plus que ça. C'est que tout m'importe ! Je ne veux rien louper !
Est-ce pour être bien avec les autres ?
Est-ce pour me rassurer ?
Est-ce parce que je doute ?
Quel cerveau compliqué j'ai...

C'est comme si je voulais toujours m'adapter à chaque  nouveau contexte. Mais à quel moment je suis moi ?
Tout le temps, c'est le comble ! Je suis tout le temps moi même en passant d'un état à un autre !
Et cette adaptabilité, n'est-ce pas une faille ?

Qu'en pensent les théoriciens de la Génération Y ?

(...)

Moment simple.

Moment simple ? Ou de bonheur. 

Etre deux, à s'occuper des enfants. A faire en sorte que tout fonctionne, que tout soit fait.
L'un sort, l'autre reste.
Puis l'autre sort, et le premier reste.

Oui, ça c'est bon. Tout bon. Et ça me convient. très bien.

"Sois une femme"

Je rigole. Un peu jaune.
Quand mon CE (Coéquipier d'Education) me dit : "tu pourrais pas être une femme ?"

Ha bon ? Et je suis quoi alors ?
Donc je lui ai demandé : "quels sont les critères pour être une femme selon toi ?"
Et bien entendu, pas de réponse. Si, j'ai eu droit à "arrête d'être gogole de temps en temps".
Ha. Je suis gogole maintenant. (Google y est-il pour quelque chose ?)
Bon. Parce que je rigole de certaines choses ? Je ne suis pas assez... quoi ? Féminine ? Sexy ? Sûre de moi ? Sérieuse ? Ou rigolote ? Ou... ?
Que je ne fais pas assez de vaisselle ? ou de repassage ? Que je ne travaille pas assez ? Que je ne parle pas correctement ? Qui es-tu, toi ? Homme ? Et quelle image as-tu vraiment de la femme ?
Et quand je serais femme, tu me demanderas d'être mère ?
Et quand je serai mère, tu me demanderas d'être épouse ?
Et quand je serai épouse, tu me demanderas d'être... comment ?

C'est vraiment le genre de trucs qui m'insupporte.

Choix.

"Je ne veux pas que les enfants soient en face d'un écran."
"Il faut leur faire écouter de la musique"
"Nous ne devrions pas leur faire commencer à manger de la viande trop tôt."
"Tu n'as pas l'impression de trop les secouer ?"
"Ils n'ont que 3 mois ! ça ne sert à rien de crier et de leur parler si fort.."
"Nous devrions faire attention à notre langage"
"Tu devrais leur mettre des chaussettes, ils vont prendre froid !"
"Qu'est-ce qui te faire dire qu'ils ont faim ? Peut-être pleurent-ils pour autre chose ?"

Nous avons des idées, des sensations, des envies et des projets. qu'est-ce qui vient de nous ? Qu'est-ce que nous refusons chez l'autre, notre coéquipier d'éducation ? Pourquoi le refusons-nous ? Est-ce parce que sa culture est différente de la nôtre ? Qu'est-ce qui vient de nous, vraiment, et non de notre éducation ? D'ailleurs peut-on les dissocier ?
D'où viennent nos choix, les plus pragmatiques comme les plus idéologiques ?
Et nos croyances ? Nos peurs ? Nos valeurs ?
(...)
Nous avons tous raison n'est-ce pas. Nous avons tous raison de ce que nous pensons. Ce n'est pas pour autant que l'autre pense faux. Ou que nous sommes dans le juste.

Avoir conscience en permanence de ce questionnement est épuisant, et peut aller jusqu'à nous faire douter de nos choix. Parce que conscient de cette pluralité des modes de vie et de pensées, comment être sûr de soi ? Comment être persuadé que le cadre établi est le bon, pour nous, pour le couple, pour faire grandir nos enfants ?
Comment et sur quoi s'arrêter ? Pour... TOUT !

Je me demande, parfois, ou souvent, la justesse de mes actes et de mes choix vis à vis de mes enfants. Je suis capable de remettre beaucoup de choses en cause, ce qui n'est pas sans poser de problèmes. Alors quand je doute beaucoup je les regarde et les écoute. Et je pense aux choses simples qui m'animent : si je trouve qu'ils ont besoin d'un bain, je les lave. Si je pense qu'ils ont faim, je leur fait à manger. Si je doute quant au contenu des repas, je regarde sur Internet et je me fais une synthèse. Si je les trouve fatigués, je les couche. Si j'ai envie de jouer avec eux, je joue avec eux. Si je pense qu'ils ont envie de jouer mais que je suis moi trop fatiguée pour passer du temps avec eux, je leur explique et je les entoure de jouets.

Faisons simple, dans ce monde où TOUT est possible.
Oui cela limite une forme de richesse, mais ça ramène à la réalité.
Et ça, c'est mon choix.

dimanche 16 novembre 2014

Départ.

"S'il y a des sujets que vous aimeriez évoquer, faites-le nous savoir".
"J'aurai beaucoup aimé me  trouver à votre place, il y a quelques années, alors que je débutais dans la vie de jeune maman"
"J'ai tellement de questions dont j'aimerai qu'on discute"

Je m'appelle X, et je suis allée aujourd'hui à un atelier bébé. L'idée était de partager quelques réflexions, sensations, sentiments ou ce qu'on voudra sur les compétences des parents. Des mères surtout, car le sexe masculin n'était représenté que par un seul membre.


Avais-je des attentes ? Certainement. Parce que je m'étais déjà imaginée la séance. Elle était dans ma tête assez frontale au départ, avec une intervenante qui aurait détaillé quelques fils rouges sur le fait d'être mère, ce que cela voulait dire, comportait... Elle aurait fait référence à des auteurs, tout en étayant le propos par son expérience personnelle. Puis elle aurait ouvert le sujet à l'assemblée (une vingt-trentaine de personnes, pensais-je), afin que chacune nous puissions nous exprimer sur le sujet.


Au final, nous étions une dizaine, sièges en cercle, des enfants galopant de ci de là, têtant, puis repartant jouer, de quelques semaines de vie à 9 ans. Et nous discutions.


Après un bref historique sur l'association, Mme Y lançait le débat à partir d'une vidéo qui a beaucoup tourné ces derniers temps sur une offre d'emploi. Si vous ne l'avez jamais vue, la voici: 


Emouvante n'est-ce pas ? Oui, le job le plus difficile au monde. Et nous nous sommes rendue compte que ce qui était émouvant dans cette vidéo, c'était justement la RECONNAISSANCE. Personne ne voudrait d'un tel emploi. Même payé très cher. C'est pourtant le job de toutes les mamans.

Bref. Du coup nous avons évoqué diverses choses, reprenant la liste des compétences attendues pour un tel emploi. Mais qu'est-ce que ça m'a apporté ? A quoi ça sert de rencontrer des gens, des femmes, des mamans... ?

J'ai réfléchi à ma situation. A la nôtre. Et ce qui est délicat dans cette affaire c'est qu'on a beau discuter de certaines choses entre "mamans", rien ne changera le fait que c'est à nous de décider, de choisir, d'assumer, de continuer, de dire ou de ne pas dire. A nous de vivre avec nous-même.
Je ne peux pas dire grand chose. Je n'ose pas dire grand chose car cela impliquerait obligatoirement parler des autres, de mes proches, de ma famille, de mes choix. C'est difficile car j'aimerai en parler mais je ne veux pas leur faire de mal. Et pourtant ce que je pense n'est pas rose. Même si ce n'est que ma vision, bien sûr.
Je peux parler de moi, oui, mais tout est relié.

Et ce soir, alors que mon conjoint (quel terme !) ronfle dans le canapé à côté de moi en se plaignant quand je rigole parce que ça le réveille tout en me disant qu'il regarde le film parce qu'il ne veut pas dire qu'il dort ou qu'il râle parce que j'ai bougé je me dis... comment ai-je pu en arriver là ? A ce stade pathétique d'une soirée de couple maussade pendant que les enfants dorment tranquillement alors que ni lui ni moi ne travaillons le lendemain et que tout est sensé baigner ?


Et bien j'ai choisi. J'ai dit oui. Au couple, à la parentalité avec cet homme. Mais quel est notre projet ? Nous n'en avons aucun. Quel est notre stratégie de vie ? Nous n'en avons pas. Quelles sont nos discussions ? Elles n'existent pas. Et pourtant je suis responsable de ces choix.Et la seule chose que je peux faire maintenant, c'est accepter tout ceci en me disant de faire au mieux pour tout le monde. C'est trop triste.


Alors OK il n'y a pas de mari parfait. D'ailleurs je suis TRES loin de l'être aussi. Mais franchement... tout ceci est dramatique. Comment vais-je faire pour aller de l'avant ?

Next episode ?